XVIII et XIXèmes siècles, le début des recherches

Au cours des XVIII et  XIXèmes siècles, les propriétés du saule, connues depuis des temps reculés, font l'objet de bon nombre d'expériences.

Il est intéressant de se plonger dans des ouvrages répertoriant les plantes de plusieurs époques et d'y lire les textes concernant le saule et l'ulmaire( ou spirée ou encore reine des prés).

En consultant l'Encyclopédie, de Diderot et D'Alembert, on trouve un article sur les propriétés médicinales du saule et un autre sur celles de la reine des prés. Pour le saule, il est dit que la plante a des vertus antalgiques, et il est également indiqué des propriétés anaphrodisiaques reconnues au Moyen-Âge principalement. L'auteur de cet article émet un certain doute sur les vertus du saule, et déclare qu'il agit peu. En revanche, la reine des prés est citée pour ses propriétés fébrifuges (antipyrétiques) et antalgiques, l'action anti-agrégante est aussi évoquée. La reine des prés est peu utilisée mais il n'y a pas de doutes sur l'efficacité de cette plante.

En 1763, le révérend Edward Stone écrit une lettre au président de la Royal Society of Medecine. Stone y rapporte les résultats de ses expériences sur le saule. Il prépare avec de l'écorce de saule des décoctions qui seront bues par des patients atteints de fièvres. Ainsi il démontre  scientifiquement que le saule a bien des propriétés médicinales. C'est lui qui lance les nombreux travaux sur cette plante, qui aboutiront à la création de l'aspirine.

Au début du XIXème siècle est publié un ouvrage de botanique et de médecine intitulé Flore médicinale, écrit sous la direction de François Pierre Chaumeton. Dans cette oeuvre, figure le saule. La présentation de l'article est semblable aux Commentaires de Pierre André Matthiole sur des ouvrages de Dioscoride : il reprend par exemple les noms en différentes langues. Y sont citées les actions fébrifuge, antipyrétique, astringente et anaphrodisiaque du saule. Le chapitre énonce plusieurs moyens de médication, dont le bain de feuilles cité également dans l'Encyclopédie, et bien sûr les décoctions de saule, qui sont utilisées depuis l'Antiquité. Ce texte évoque aussi des effets secondaires ainsi que des posologies. Stone est cité ici, pour ses études sur le saule et ses propriétés fébrifuges.

À l'époque, le quinquina, une plante d'Amérique du Sud utilisée par les Amérindiens pour ses vertus médicinales ainsi que pour ses actions antipyrétiques. Le saule n'est considéré alors que comme un substitut de "l'écorce du Pérou". Entre 1825 et 1830, plusieurs pharmaciens isolèrent le principe actif du saule, la salicine.  Les premiers à l'avoir identifié en tant que salicine sont Brugnatelli et Fontana, en 1826. Le Français Pierre Josef Leroux propose une technique d'extraction plus efficace que les précédentes. En 1838, Raffaele Piria réussit à produire de l'acide salicylique à partir de la salicine. Les procédés d'extraction se multiplient alors et deviennent de plus en plus performants.

L'ouvrage Botanique agricole et médicale, écrit par Henri-Jean-Antoine Rodet est publié en 1872. On peut le comparer avec l'ouvrage de F.P. Chaumeton, étant donné le nombre de découvertes faites sur le saule et la reine des prés. Concernant cette dernière, l'auteur mentionne qu'elle revient "à la mode" pour ses propriétés. L'extrait traitant du saule est particulièrement intéressant car il reprend les découvertes précédentes, en effet le mot salicine y est utilisé. Le texte indique que l'écorce a des vertus astringente et antipyrétique et qu'elle est utilisée comme "succédanée de la quinine".

L'acide salicylique est synthétisé pour la première fois en 1874 par Hermann Kolbe. Néanmoins, le Français Charles Frédéric Gerhardt découvre l'acétylisation de l'acide salicylique. Il traite du salicylate de soude avec du chlorure d'acétyle et obtient l'acide acétylsalicylique. Il garde ce précieux composé pour l'analyser ultérieurement manquant de soutiens financiers. Cependant, il meurt en 1858 sans avoir étudié sa découverte. Cette dernière reste presque inexploitée pendant plusieurs dizaines d'années avant que des chimistes de la société Bayer AG ne s'y intéressent.

 

 

Charles Frédéric Gerhardt

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